Elles étaient secrétaires, institutrices, assistantes sociales, journalistes, femmes au foyer... Elles s'appelaient Geneviève de Gaulle, Madeleine Barot, Louise Weiss, Hélène Viannay, Berty Albrecht, Mary Lindell ou Pat O'Leary. Dans leur immense majorité, elles ne prirent pas les armes mais devinrent opératrice radio, agent de liaison, distributrice de tracts clandestins ou organisatrice de réseau d'évasion. On les a longtemps négligées tant s'imposait l'image du résistant viril, les armes à la main. Pourtant toutes refusèrent Vichy malgré les risques de déportation, de torture et de mort. Toutes furent pleinement résistantes. Voici ces femmes de nouveau parmi nous avec leur témérité, leur détermination et leur générosité.


Préambule : Lorsque le thème de l'engagement a été proposé lors de l'avant-dernière session de "Lire et Délires" , suite au décès de MANDELA, j'ai tout de suite été emballée par le thème et à quelque chose près, je savais vers quelles voix, je me dirigerais. J'avais tout d'abord penser lire une biographie de Louise WEISS, résistante, féministe, européenne, une femme à découvrir et j'ai d'ailleurs acheter cette fameuse biographie que j'espère lire rapidement. Mais en faisant des recherches sur le site de la médiathèque de ma ville, je suis tombée sur un livre dont le titre et le résumé m'ont fortement interpellée et au final c'est ce livre que j'ai lu pour notre rencontre . Ce n'est pas un roman mais un essai historique et c'était la première fois que je lisais ce genre d'ouvrages. Bien m'en a pris !
Parlons de cet essai maintenant. Comme le dit le résumé, les résistantes françaises (qui n'oubliont pas, n'avaient pas encore le droit de vote au moment de la 2ème guerre mondiale) ont oeuvré dans différentes actions dont les risques n'étaient pas moindres même si les opératrices radio et les convoyeuses de réseau d'évasion ont payé le plus tribu le plus fort. Souvent à la tête et la direction de ces réseaux et actions, très peu ont retrouvé à la fin de la guerre les mêmes postes et responsabilités. A la sortie de ce conflit, ce sont les hommes et en particulier les actions armées qui ont été valorisées, mais c'est aussi parce que ces femmes, elles-même, ont laissé dans l'ombre leur partication active à la Résistancet. Même des années après, lors de cette étude qui est une thèse de doctorat, les résistantes encore vivantes, certaines rescapées, ont encore tenance à minimiser leurs actes ! Si ce livre parle principalement des résistantes françaises, l'implication soutenue des services secrets britanniques font que certaines étaient également anglaises, écossaises ...souvent diplômées et bilingues. Toutes ces anonymes,même si quelques-unes sont quelque peu sorties de l'ombre, ont néanmoins participées de manière actives et efficaces à la Résistance Françaises mais on peut dire qu'elles sont les oubliées de ce conflit...Très peu politisées si nous faisons exception des résistantes communistes, c'est souvent le patriotisme et l'humanisme qui les ont poussées à résister. Je ne vous donnerais qu'un chiffre : D'après les résultats de cette étude, près d'un cinquième (20%) ont payé de leur vie, leur engagement. Et je concluerais par les mots de cette historienne : "Si la résistance au féminin n'a pas été spectaculaire, elle ne fut ni anonyme, ni innefficace et encore moins dénuee de risques. Elle a simplement été ignorée pendant de longues années " !
Cet essai (extrait d'une thèse de doctorat) a été écrit par une historienne allemande , née en 1967. Le fait que l'auteure soit allemande fut pour moi comme un pied de nez à l'histoire et à rajouter un sel supplémentaire à l'hommage rendu.

Résistantes de Corinna VON LIST
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